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Accueil > Répertoire linguistique

L’enquête a permis de mettre en évidence la non-francophonie de trois quart des enfants avant d’aller à l’école ainsi que le multilinguisme et le plurilinguisme du public scolaire. Seuls 30% des enfants scolarisés – sur l’ensemble du territoire guyanais – déclarent parler le français avant d’aller à l’école (dans certaines zones, c’est même 100% des enfants qui ne le parlaient pas avant la scolarisation). À l’âge de 10 ans, 93% des enfants scolarisés interrogés déclarent parler au moins 2 langues, 41 % au moins 3 langues et 11% au moins 4 langues. La Guyane est donc non seulement un territoire multilingue mais sa population est également largement plurilingue et les enfants ont, très jeunes, des répertoires plurilingues qui ne font que s’accroitre au cours de leur vie.

Le schéma ci-dessous propose une visualisation des répertoires linguistiques déclarés par l’ensemble des élèves interrogés. La partie supérieure du schéma figure les « langues de Guyane » inscrites sur la liste des « langues de France » par le Ministère de la Culture.

Par répertoire linguistique des élèves j’entends ici l’ensemble des ressources linguistiques d’une population : les langues et variétés qui sont considérées comme « langues maternelles » ou comme langues de première socialisation (figurées ici en bleu) ainsi que toutes les autres formes à la disposition des enfants et qu’ils ont entendues ou acquises en famille, avec des amis ou dans tout autre contexte informel ou qu’ils ont acquises à l’école.

L1, L2 et L3 réfèrent ici aux langues acquises ou apprises – dans l’ordre d’acquisition / apprentissage des langues et présentes dans les répertoires linguistiques des enfants. L1 renvoie généralement à des langues acquises durant la première socialisation, en famille et avant la scolarisation, et L2/L3 sont acquises après cette période de première socialisation (par exemple en milieu scolaire) ou sont moins fréquemment utilisées lors de l’enfance (interactions avec les grands-parents ou avec les amis d’école par exemple). Les catégories L2 et L3 sont donc des catégories hétérogènes.

Bien que ce type de schématisation puisse laisser à penser que les répertoires linguistiques des individus sont une collection de langues, ou de compétences à communiquer différentes en fonction des langues, comme l’écrivent Coste et al. (1997, 12) :

Il n’y a pas là superposition ou juxtaposition de compétences toujours distinctes, mais bien existence d’une compétence plurielle, complexe, voire composite et hétérogène, qui inclut des compétences singulières, voire partielles, mais qui est une en tant que répertoire disponible pour l’acteur social concerné

L’aspect dynamique de cette compétence plurilingue et pluriculturelle est visible dès que l’on se penche sur les pratiques langagières – ou sur les biographies des locuteurs.

Les enfants peuvent ainsi, par exemple, utiliser et associer les langues et ressources linguistiques de leur répertoire en fonction de leurs interlocuteurs :